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Quand Charles Blé Goudé rend hommage à son « co-équipier » de la prison de la CPI

Charles Blé Goudé, à la Cour pénale internationale, le 27 mars 2014. © Michael Kooren/AP/SIP

Dans une lettre ouverte publiée suite au suicide en pleine audience de Slobodan Praljak, l’ancien ministre de la jeunesse de Laurent Gbagbo évoque les parties de football entre détenus du pénitencier de Scheveningen.

Alors que les audiences de son procès pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité ont repris depuis le 27 novembre dernier, ce sont quelques lignes sur les réseaux sociaux qui ont fait parler de Charles Blé Goudé. Au lendemain du suicide de l’ancien général croate Slobodan Praljak, lors de son jugement mercredi 29 novembre, l’ancien jeune patriote ivoirien a rendu hommage à son co-accusé.

Contacté par Jeune Afrique, l’entourage de l’ancien ministre de la jeunesse confirme l’authenticité de ce courrier. « Il voulait rendre hommage à un ami. Il s’entendait très bien avec Slobodan Praljak, qui lui disait toujours qu’il fallait tenir bon, il lui disait que la vérité finirait par triompher », raconte Youssouf Diaby, le porte-parole de Charles Blé Goudé.

Slobodan Praljak, au moment où il ingère le poison avec lequel il s’est suicidé, en pleine audience de la CPI, le 29 novembre 2017. © AP/SIPA

« A 73 ans, tu débordais encore d’énergie. (…) Adieu mon coéquipier »

Matchs de mini-foot

Dans cet lettre ouverte, rien de politique cependant, mais des accents sportifs. « A 73 ans, tu débordais encore d’énergie et tu n’as jamais manqué un seul de nos matchs de mini-foot. Même lorsque j’arrivais en retard, tu prenais toujours soin de réserver ma place. (…) Adieu mon coéquipier », écrit ainsi Blé Goudé.

Alors qu’il venait d’entendre la confirmation de sa condamnation à vingt ans de prison pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis pendant la guerre en Bosnie (1992-1995), Slobodan Praljak s’est soudainement donné la mort en ingérant une fiole dont des analyses ont depuis révélé qu’elle contenait du cyanure.

L’avant-veille du suicide, les deux hommes s’étaient vus pour la dernière fois lors d’une partie de football dans la cour de leur prison. « Tu m’as dit : « Au revoir, merci pour tout Charles, merci mon fils. » Je ne savais pas que c’était un adieu », poursuit ainsi Blé Goudé dans sa missive.

« Praljak ne lui avait jamais dit au revoir à part cette fois-ci, mais ça ne l’a pas vraiment alerté. Charles Blé Goudé n’était pas au courant de ses intentions », explique Youssouf Diaby.

« Laurent Gbagbo fait le coach »

Ces rencontres footballistiques entre détenus du pénitencier de Scheveningen sont très régulières, expliquent les proches de l’ancien ministre de Laurent Gbagbo. Pendant les périodes où les audiences devant la Cour pénale internationale sont interrompues, elles sont mêmes quotidiennes. « Tout le monde y participe, même Laurent Gbagbo, il regarde, commente, fait le coach », poursuit Youssouf Diaby.

Charles Blé Goudé a rejoint l’ancien président ivoirien dans la prison de la CPI en 2014. Un centre pénitentiaire unique au monde où se côtoient chef d’États déchus, anciens ministres ou miliciens, tous poursuivis pour les crimes les plus graves.

On dit que personne n’a jamais tenté de s’en évader. En revanche, l’ancien commandant de l’armée de résistance du Seigneur, Dominic Ongwen avait tenté de se suicider en 2016. Il avait alors ingéré des produits ménagé mais avait été rapidement soigné.

Source: JeuneAfrique

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