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Bolivie: le prAi??sident Morales en route pour un 4A?me mandat controversAi??

AFP/Archives / CRIS BOURONCLELe prAi??sident bolivien Evo Morales au Palais prAi??sidentiel Ai?? Lima, le 1er septembre 2017.

Evo Morales, berger de lamas devenu prAi??sident de la Bolivie, ne semble pas prA?t Ai?? lA?cher le pouvoir: autorisAi?? par la justice Ai?? briguer un quatriA?me mandat malgrAi?? un rAi??fAi??rendum dAi??favorable, il pourrait gouverner le pays de maniA?re « indAi??finie ».

Dans une dAi??cision jugAi??e plus que douteuse par les experts, le Tribunal constitutionnel (TC) bolivien a donnAi?? mardi son feu vert Ai?? M. Morales pour contourner la Constitution, qui ne permet pourtant que deux mandats consAi??cutifs.

Le droit Ai?? briguer librement une fonction est supAi??rieur aux limites imposAi??es par la Constitution, ont estimAi?? les magistrats, en invoquant la Convention amAi??ricaine des droits de l’homme.

Pourtant, Evo Morales, 58 ans, avait essuyAi?? en fAi??vrier 2016 un Ai??chec lors d’un rAi??fAi??rendum visant Ai?? modifier la Constitution pour lui permettre de briguer un quatriA?me mandat (2020-2025). Son parti, le Mouvement vers le socialisme (MAS), cherchait depuis des « solutions juridiques alternatives » pour passer outre ce refus.

Mercredi, le chef de l’Etat s’est fAi??licitAi?? de cette dAi??cision et a confirmAi?? sa candidature.

Bolivian Presidency/AFP / HOEvo Morales, le 29 novembre 2017 Ai?? La Paz


Cet alliAi?? de Cuba et du Venezuela, trA?s critique des Etats-Unis, a estimAi?? lors d’une confAi??rence de presse qu’un Ai??ventuel quatriA?me mandat « garantirait une continuitAi?? dAi??mocratique, mais aussi la stabilitAi?? et la dignitAi?? » de la Bolivie.

« La rAi??volution dAi??mocratique et culturelle continue. Jusqu’Ai?? la victoire, toujours! » a-t-il ajoutAi?? sur Twitter.

ArrivAi?? au pouvoir en 2006, il a Ai??tAi?? rAi??Ai??lu en 2009, puis en 2014 pour un troisiA?me mandat, grA?ce Ai?? une interprAi??tation contestAi??e de la Constitution. Le Tribunal constitutionnel avait alors estimAi?? qu’il s’agissait de sa premiA?re rAi??Ai??lection en vertu de la nouvelle Constitution approuvAi??e en 2009.

La dAi??cision de mardi du TC « va permettre la rAi??Ai??lection indAi??finie » de Morales, a jugAi?? l’analyste Carlos Cordero, interrogAi?? par l’AFP. Cette dAi??cision « est la dAi??monstration que les tribunaux boliviens sont soumis au pouvoir ».

– ‘Chemin Ai??pineux’ –

AFP / AIZAR RALDESLe prAi??sident bolivien Evo Morales participe au 50e anniversaire de la mort d’Ernesto « Che » Guevara Ai?? Vallegrande dans le sud de la Bolivie, le 9 octobre 2017

Pour Jorge Lazarte, expert politique, il s’agit d’un Ai??vAi??nement doublement inAi??dit dans le pays: « un coup dur Ai?? la Constitution et un coup dur contre la volontAi?? populaire ». Le panorama politique bolivien apparaAi??t trA?s incertain, selon lui, car « on peut percevoir une plus grande indignation populaire ».

« Le chemin qui s’ouvre est trA?s Ai??pineux. A quel point ? Tout va dAi??pendre de la rAi??action des gens », a-t-il ajoutAi??.

« Il s’agit d’un des attentats les plus importants contre l’Etat de droit, la Constitution et la dAi??mocratie », a fait valoir l’avocat constitutionnaliste Carlos Alarcon.

Le dirigeant de l’opposition Samuel Doria Medina (centre droit) a vertement rAi??agi Ai?? la dAi??cision du TC en parlant d’un « coup dur Ai?? la dAi??mocratie ».

D’anciens prAi??sident boliviens de centre droit et de droite ont Ai??galement haussAi?? le ton mercredi. Le Tribunal « a dAi??truit les garanties dAi??mocratiques. Il mAi??connait la souverainetAi?? du peuple et transforme la Bolivie en pays soumis Ai?? l’arbitraire du prAi??sident Morales », a dAi??clarAi?? Carlos Mesa (2003-2005), vu comme le principal rival du chef de l’Etat.

« Etre un tyran n’est pas et ne sera pas reconnu internationalement », a prAi??venu Jorge Quiroga (2001-2002).

Le texte invoquAi?? par les magistrats pour justifier leur choix « ne prAi??voit pas le droit de se maintenir au pouvoir », a dAi??noncAi?? le secrAi??taire gAi??nAi??ral de l’Organisation des Etats amAi??ricains (OEA).

Selon M. Morales, le « non » l’avait emportAi?? de peu lors du rAi??fAi??rendum de 2016 en raison de « mensonges » divulguAi??s peu avant le scrutin sur un fils supposAi?? qu’il aurait eu avec son ex-compagne Gabriela Zapata, et dont la justice a finalement conclu Ai?? « l’inexistence ».

Il s’agissait de la premiA?re dAi??faite politique du plus ancien prAi??sident en exercice d’AmAi??rique latine, en place depuis 2006, au moment oA? la gauche y connaissait des revers: en Argentine, oA? le prAi??sident libAi??ral Mauricio Macri avait mis fin au rA?gne des Kirchner, au Venezuela, oA? le gouvernement chaviste de Nicolas Maduro avait perdu la majoritAi?? parlementaire pour la premiA?re fois en 16 ans, ou encore au BrAi??sil, oA? la prAi??sidente de gauche Dilma Rousseff avait Ai??tAi?? destituAi??e.

Pendant ce temps, des manifestations d’Ai??tudiants appelant Ai?? la dAi??mission du prAi??sident avaient lieu dans plusieurs villes de Bolivie.

Source: AFP

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