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Comment la SNCB continue de pourrir le quartier du Midi

Le pôle ferroviaire occupe 30 % des bureaux du quartier mais ne rénove pas son patrimoine.

Le quartier du Midi est un des plus petits quartiers de bureaux de Bruxelles : 550 000 m2 seulement alors que le quartier européen en comptabilise plus de 3 millions et le Pentagone plus de 2,5 millions. « Il représente 4 % du stock de bureaux bruxellois », confirme Pierre Demeuter, collaborateur d’Inventimmo, l’inventaire immobilier de CityDev, l’organisme public en charge du développement urbain de la Région de Bruxelles Capitale. « Petit, bien localisé autour de la gare n°1 du pays en nombre de passagers, mais atypique », poursuit-il, ce qui explique en partie pourquoi il est mis à l’honneur cette année dans le dernier Observatoire des Bureaux de la Région. Un Observatoire dont la présentation est devenu un événement lié à l’ouverture de Realty, le salon professionnel de l’immobilier (16-18 mai, Tour&Taxis).

Locomotive du quartier

Atypique, le quartier du Midi l’est à plus d’un titre. « Il n’a pas vraiment une identité de bureaux, énumère Pierre Demeuter. Son parc est très diffus et relativement récent, amené avec le TGV et donc construit ces deux dernières décennies. De plus, alors que dans les autres grands quartiers, les administrations publiques comptent pour moitié et les institutions financières pour 20 %, ici, les premières ne sont qu’à 36 % (Sécurité sociale, Santé, Emploi, Pensions) et les secondes quasiment inexistantes. » C’est que ce quartier compte un occupant historique majeur : la SNCB. « Avec ses filiales, ses satellites, ses fournisseurs, ses prestataires de services, le pôle ferroviaire occupe, au titre de propriétaire ou de locataire, 30 % des surfaces ! Soit près de 165 000 m2. Surtout aux abords de la gare. C’est lui la locomotive du quartier », indique Pierre Demeuter. Du moins, c’est lui qui devrait l’être. Le problème, c’est que la SNCB n’a pas vis-à-vis de son patrimoine (150 000 m2) une attitude de bon père de famille. « Il est vieillissant et ne répond plus aux standards actuels. La question de sa revalorisation est centrale et de taille. C’est à espérer que la nouvelle CEO de la SNCB s’y intéresse. » Car, selon CityDev, c’est tout l’environnement qui en fait les frais. Le quartier du Midi est essentiellement un quartier de transit. La vacance, qui y a été longtemps faible, autour de 3 %, a augmenté ces dernières années. En 2016, elle est passée à 8,4 %, alors qu’il y a un an, elle n’était encore qu’à 6,8 %. Avec deux gros points noirs : le site Philips, qui pourrait être relancé du fait qu’il peut désormais devenir mixte, mais surtout l’ancien centre de tri postal.

Elan bloqué

Et les perspectives ne sont pas folichonnes. Le quartier rassemble bien peu de projets, et aucun dans un avenir immédiat. Et, alors qu’il aurait dû grandir dans la mouvance du TGV, il est moins international qu’il n’aurait pu l’être – et surtout que ne l’avaient rêvé les pouvoirs publics de l’époque. Seules quelques entreprises françaises comme Celio International ou Lactalis y sont installées. La Région lui a bien concocté un Schéma directeur ambitieux qui va être traduit en plan d’aménagement directeur (PADD). « Mais tant que la SNCB n’investit pas dans ses bâtiments, cet élan sera bloqué. C’est elle qui détient la clé », note Benjamin Cadranel, administrateur général de CityDev. Sans pour autant dire qu’il faut l’attendre. « Ce qu’il faut, c’est dégager une vision claire pour le quartier mais ne pas attendre que tout soit décidé. Il faut y aller tout de suite, au cas par cas. » Quitte à ce que ce soit avec des occupants précaires d’ateliers d’artistes, de commerces alternatifs, de brasserie… afin d’animer ce quartier, changer sa physionomie, bref, lui redonner une existence.C.M.

Source: La libre

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