Home / SPORT / Timmy Simons et la promesse non tenue de Wilmots: « Marc, pourquoi ne m’as-tu pas prévenu? »

Timmy Simons et la promesse non tenue de Wilmots: « Marc, pourquoi ne m’as-tu pas prévenu? »

Timmy Simons raconte son interminable carrière dans sa biographie et détaille l’épisode douloureux du Mondial au Brésil.
Toujours actif au plus haut niveau à plus de quarante ans, Timmy Simons vient enfin de se raconter, dans une biographie qu’il a déroulée sous la forme d’un long monologue, sincère mais sans emphase ni faux-fuyant. Il s’y est raconté sans gommer les rares aspérités qui ont jalonné sa longue carrière exemplaire. Sa non-sélection pour le Mondial 2014, alors que Marc Wilmots lui avait certifié qu’il effectuerait le voyage au Brésil, s’inscrit parmi les déceptions les plus cuisantes du capitaine du Club Bruges. Il s’est évidemment épanché sur le sujet. A-t-il tenu rigueur au sélectionneur d’avoir mangé sa parole ?

Nous reproduisons ci-dessous son récit de cette cruelle désillusion.

L’adieu d’un ami

« Cela faisait pratiquement un an que je n’avais plus disputé un match avec les Diables Rouges mais j’avais toujours figuré dans la sélection. Le sélectionneur et moi en avions convenu ainsi. Marc Wilmots, qui avait remplacé Georges Leekens avait assuré : ‘Quoi qu’il arrive, Timmy nous accompagnera au Brésil. Que ce soit comme joueur ou d’une autre manière, comme membre du staff technique par exemple.’ Il avait fermement assuré : ‘Il viendra toujours avec nous.’

Jusqu’alors, j’avais effectivement toujours été sélectionné. J’étais donc persuadé que je figurerais dans la liste des vingt-trois noms en partance pour le Brésil. Il ne pouvait pas y avoir de lézard. Du moins, c’est ce que chacun pensait. Heureusement, mes parents n’avaient pas encore acheté leurs billets. »

Timmy Simons est resté sur le carreau. « Après coup, je peux dire que Marc a pris la bonne décision en me laissant à la maison. Mieux, même : à sa place, j’aurais peut-être agi de même. La concurrence était énorme, des alternatives existaient, en particulier dans l’entrejeu. Nainggolan, par exemple, n’a pas été repris lui non plus. Je trouvais seulement que le moment avait été particulièrement mal choisi. Pourquoi, quelques semaines plus tôt, Marc ne m’avait-il pas discrètement expliqué les raisons pour lesquelles il n’allait pas me sélectionner ? J’aurais au moins été préparé à ce coup de massue. Ne m’a-t-il pas fait confiance ? C’était bien mal me connaître, après tant d’années, de croire que j’allais tempêter ! Quelques heures avant la divulgation de la sélection, j’avais reçu quelques appels manqués sur mon gsm. Je venais de finir un entraînement matinal avec le Club. Je n’ai pas réussi à joindre tout de suite Marc. Finalement, j’ai en ligne le team manager qui m’a dit : ‘Nous sommes de retour d’un entraînement. Le sélectionneur n’est pas disponible pour le moment.’ Je ne savais rien encore officiellement mais je pouvais évidemment deviner pourquoi Marc voulait me parler en urgence. Finalement, je l’ai eu en ligne vingt minutes avant la conférence de presse. Douloureux. Je n’ai plus jamais entendu parler de cette fonction au sein de la délégation belge. C’est quand même étrange… Quand, après cela, on va raconter qu’on a vécu tant de choses ensemble et qu’on est de bons amis, moi je dis : quels amis vous font cela ? Quand on promet quelque chose, on respecte sa parole ou on ferme sa bouche. Je n’étais plus un adolescent de dix-huit ans. »
« La seule fois où Sclessin m’a ovationné »
Le jour où Simons a été fêté pour sa carrière chez les Diables… sans avoir pris sa retraite.

La commotion médiatique générée par la non-sélection de Simons a perduré les jours suivants : « Certains se demandaient si j’étais gravement malade. Ce fut un coup de massue supplémentaire ! Bien sûr que je serais allé avec plaisir au Brésil, bien sûr que cette sélection aurait constitué une belle consécration de ma carrière de Diable Rouge et bien sûr qu’elle aurait représenté une belle récompense pour l’enthousiasme que j’avais toujours affiché pour l’équipe nationale. Mais that’s life. Il se passe des choses plus graves dans la vie. Le soir, Kathy, ma femme, a montré une photo qui faisait le buzz sur Internet : ‘Timmy reste à la maison’. Nous étions tous les deux K.-O. Mais on a vite tourné la page. »

« Mon entourage a réagi avec virulence. Mes parents étaient furieux sur le coach fédéral et même Guy Bonny, mon agent, estimait que j’étais victime d’une grande injustice. ‘Dois-je tempêter dans la presse ?’ m’a-t-il demandé. Ce n’était plus nécessaire. Je lui ai fait promettre de se retenir. »

« Le 4 septembre 2014, avant le match amical contre l’Australie, je fus fêté, avec Daniel Van Buyten, sur la pelouse de Sclessin. On a présenté cette petite cérémonie comme le couronnement de ma carrière en équipe nationale. J’ai reçu des fleurs et un maillot frappé du numéro 93, représentant mon nombre de capes en équipe nationale. Ce devait être la seule fois que j’ai fait l’objet d’une standing ovation à Sclessin. J’ai apprécié cet instant mais j’ai également jugé la cérémonie un peu étrange. Je n’avais jamais dit que j’allais arrêter ma carrière chez les Diables. Apparemment, le reste du monde pensait le contraire. »

Timmy Simons avait raison . À sa grande surprise et alors qu’il revenait d’Allemagne avec sa famille, Roberto Martinez lui a téléphoné, le 11 novembre 2016, pour lui demander s’il voulait rejoindre les Diables, qui se préparaient à affronter l’Estonie. « Bien sûr que j’étais disponible ! Je suis arrivé à l’hôtel à 1 h 30. Roberto Martinez m’attendait : il avait tenu à me souhaiter la bienvenue. C’était une belle marque de respect. Twitter s’est déchaîné : ‘Ce Martinez a-t-il consommé de la drogue ?’ À l’hôtel, je n’ai pas obéi à Eden Hazard qui voulait me faire chanter un morceau, comme doivent le faire tous les nouveaux en équipe nationale. Je suis monté au jeu à huit minutes de la fin. Ma 94e cape ! Je n’ai pas touché le ballon mais cette sélection demeure un des plus beaux souvenirs de ma carrière. »

Source: DH

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *