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En appelant TaA?wan, Trump risque une crise avec la Chine

FILE - This combination of two photos shows U.S. President-elect Donald Trump, left, speaking during a "USA Thank You" tour event in Cincinatti Thursday, Dec. 1, 2016, and Taiwan's President Tsai Ing-wen, delivering a speech during National Day celebrations in Taipei, Taiwan, Monday, Oct. 10, 2016. Trump spoke Friday, Dec. 2, with Tsai, a move that will be sure to anger China. (AP Photo/Evan Vucci, Chinag Ying-ying, File)

Confirmant son style atypique, le prA�sident A�lu amA�ricain Donald Trump a pris le risque d’une crise majeure avec la Chine vendredi en parlant au tA�lA�phone avec la prA�sidente de TaA?wan, une rupture spectaculaire avec 40 ans de tradition diplomatique avec PA�kin et Taipei.

Washington, que ce soit des administrations rA�publicaines ou dA�mocrates, soutient depuis les annA�es 1970 la politique de la « Chine unique » ou d' »une seule Chine » qui l’a vu reconnaA�tre PA�kin en 1978 et rompre ses relations diplomatiques avec TaA?wan en 1979.

Lors de leur conversation, sans prA�cA�dent A� ce niveau depuis des dA�cennies, Donald Trump et Tsai Ing-wen « ont pris note des liens A�troits en matiA?re A�conomique, politique et de sA�curitA� entre TaA?wan et les Etats-Unis », selon un compte-rendu de l’A�quipe du prochain locataire de la Maison Blanche.

La prA�sidente taA?wanaise, A�lue en mai, et le prA�sident amA�ricain A�lu le 8 novembre et qui prA?tera erment le 20 janvier, se sont mutuellement « fA�licitA�s », a ajoutA� le communiquA�, qui rapporte aussi des appels tA�lA�phoniques vendredi avec le prA�sident afghan Ashraf Ghani, le prA�sident populiste des Philippines Rodrigo Duterte et le Premier ministre de Singapour Lee Hsien Loong. Selon M. Duterte, Donald Trump l’aurait encouragA� dans sa trA?s controversA�e guerre contre la drogue, en lui disant notamment qu’il appliquait « la bonne mA�thode ».

Communication via Twitter
Face aux critiques soulevA�es par sa discussion avec la dirigeante taA?wanaise, M. Trump a tweetA� dans la soirA�e: « La prA�sidente de TaA?wan M’A TELEPHONE aujourd’hui pour me fA�liciter de ma victoire A� la prA�sidence. Merci! ». Avant d’ajouter un peu plus tard dans un autre tweet: « IntA�ressant le fait que les USA vendent des milliards de dollars d’A�quipement militaire A� TaA?wan mais (que) je ne devrais pas accepter un appel de fA�licitations ». Il est trA?s inhabituel pour un prA�sident ou prA�sident A�lu amA�ricain de se justifier de cette faA�on, mais M. Trump a montrA� tout au long de sa campagne qu’il avait une propension aux rA�actions A�pidermiques sur Twitter.

« Enorme erreur »
Christopher Hill, ex-secrA�taire d’Etat adjoint pour l’Asie orientale et le Pacifique du rA�publicain George W. Bush, a estimA� sur CNN que cet entretien A�tait « une A�norme erreur », dA�plorant la « tendance A� l’improvisation » de la future administration Trump. TaA?wan est de facto sA�parA�e de la Chine depuis la fin de la guerre civile en 1949, lorsque l’armA�e nationaliste du Kuomintang (KMT) s’A�tait rA�fugiA�e dans l’A�le aprA?s sa dA�faite face aux communistes. PA�kin considA?re toujours TaA?wan comme faisant partie de la Chine.

Un protocole bousculA�
La Maison Blanche, occupA�e jusqu’au 20 janvier par le prA�sident dA�mocrate Barack Obama, a rA�affirmA� vendredi soir son soutien A� la politique de « la Chine unique ». « Il n’y a aucun changement dans notre politique de longue date », a indiquA� A� l’AFP Emily Horne, porte-parole du Conseil de sA�curitA� nationale (NSC). Si cet appel entre Donald Trump et Mme Tsai A�tait totalement absent des mA�dias chinois samedi, PA�kin n’a pas manquA� de rA�agir, via son ministre des Affaires A�trangA?res, Wang Yi, qui a parlA� d' »une basse manoeuvre manigancA�e par TaA?wan ». « Cela ne peut tout simplement pas modifier le cadre d’une seule Chine intA�grA� par la communautA� internationale (et) je ne pense pas que cela changera la politique adoptA�e depuis des annA�es par les Etats-Unis », a dA�clarA� le ministre A� la tA�lA�vision hong-kongaise Phoenix TV.

Ces appels tA�lA�phoniques de M. Trump, qui rompent avec les rA?gles du protocole durant la transition du pouvoir A� Washington, le dA�partement d’Etat n’ayant A�tA� associA� que de trA?s loin A� ces dA�marches, font suite A� un autre A�change tA�lA�phonique cette semaine avec le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif. M. Trump l’a couvert d’A�loges, ce qui a stupA�fiA� des diplomates. Mi-novembre, il avait aussi surpris en recevant A� New York le Premier ministre japonais Shinzo Abe en prA�sence de sa fille Ivanka Trump. D’une maniA?re gA�nA�rale, le grand flou autour de la politique A�trangA?re de Donald Trump -considA�rA� plutA?t comme un isolationniste- inquiA?te les alliA�s historiques de l’AmA�rique en Europe et en Asie.

‘Ainsi dA�butent des guerres’
« Ce qui s’est passA� ces 48 derniA?res heures n’est pas simplement une A�volution. Ce sont des pivots majeurs en politique A�trangA?re, sans aucune prA�vision. C’est ainsi que dA�butent des guerres », a tweetA� vendredi le sA�nateur dA�mocrate Chris Murphy. Il a plaidA� pour qu’un secrA�taire d’Etat soit nommA� « vraiment, vraiment rapidement » et « avec de l’expA�rience, c’est prA�fA�rable ». M. Trump n’a pas encore pourvu ce poste. Seraient en lice l’ancien candidat rA�publicain A� la prA�sidentielle 2012, Mitt Romney, le gA�nA�ral et ex-chef de la CIA David Petraeus et l’ancien maire de New York Rudy Giuliani.

AprA?s avoir lancA� une « tournA�e de la victoire » dans les Etats ayant permis son A�lection, le milliardaire a continuA� vendredi A� recevoir, dans sa « Trump Tower » de Manhattan, les prA�tendants en quA?te d’un poste dans son futur gouvernement. Le dernier choix en date, celui du gA�nA�ral retraitA� James Mattis, 66 ans, comme prochain secrA�taire A� la DA�fense, a A�tA� bien accueilli par nombre d’A�lus dA�mocrates et rA�publicains

Source: AFP

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