Home / ÉCONOMIE / Le plan Gemini d’Airbus ne se fera pas sans casse sociale

Le plan Gemini d’Airbus ne se fera pas sans casse sociale

583680f4cd70a4454c04ad10

Un regroupement crée des redondances de postes. Inquiétudes.
Annoncé le 30 septembre dernier par Tom Enders, le plan Gemini, qui consiste à fusionner Airbus Group et Airbus SAS, branche aviation commerciale, ne se fera pas sans suppressions d’emploi. Ce qui était une évidence devient progressivement une réalité pour le personnel administratif et les autres employés, au fil de comités d’entreprise européens qui dévoilent l’ampleur des dégâts sociaux : plusieurs centaines de suppressions de postes sont à l’ordre du jour.

Airbus emploie 140 000 personnes et peut se targuer d’avoir pour 1 000 milliards de dollars de commandes pour 10 ans de production. Il est toujours choquant de voir un groupe d’une telle envergure envisager des économies sur le personnel. Dans ce cas, il y a une certaine logique à la base. Airbus SAS (société par actions simplifiée), qui a son siège à Toulouse et qui construit des avions commerciaux, représente 70 % des activités d’Airbus Group, basé à Leyde, aux Pays-Bas.

Un siège social

L’un des aspects du plan Gemini prévoit un seul siège social pour les deux entités fusionnées, à Toulouse. Cela signifie une direction des ressources humaines, une direction de la communication, une direction informatique, etc. Donc des redondances de postes.

A l’issue des premiers comités d’entreprise, qui concernent l’informatique, le département juridique, l’innovation technologique et la stratégie, la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) dénombrait, hier, 780 postes en péril. Aujourd’hui, à Toulouse, ce sont les ressources humaines, les services financiers et des achats qui sont au centre des discussions portant à nouveau sur plusieurs dizaines de suppressions de postes.

Il y a quelques semaines, un responsable d’Airbus nous confiait que seuls des « redéploiements » étaient à l’ordre du jour : « Il y a 10 ans, quand on a annoncé le plan Power 8, il n’y a pas eu de drame social. Là, on est plutôt dans la même configuration, la plus soft. » A l’époque, quelque 5 000 postes étaient passés à la trappe. Redéploiements au sein du groupe, départs volontaires et retraites anticipées avaient permis d’éviter tout licenciement.

Reclassements difficiles

Ces solutions auront-elles encore cours l’an prochain, lorsque le plan Gemini sera d’application ? Comme en 2007-2008, les syndicats craignent que non, arguant notamment du fait qu’aucun reclassement ne sera possible chez Airbus Helicopters, aussi en restructuration pour cause de faiblesse de marché. La mévente de l’A380 et le ralentissement prévu de la cadence de production y sont-ils pour quelque chose ? « Ce qui est annoncé sur la réorganisation est décorrélé des problèmes de l’A380 », nous a-t-on dit chez Airbus. Par contre, l’insuccès de la branche aviation d’affaires ACJ (Airbus Corporate Jet), à cause du marasme du secteur, aboutira à une septantaine de pertes d’emploi.

Alors que de nouveaux comités d’entreprise européens entrent en discussion aujourd’hui, l’Airbus A350-1000 doit effectuer son premier vol. Avec ses 360 sièges, le plus grand biréacteur d’Airbus s’attaque de front au B-777, la gamme à succès de Boeing en cours de renouvellement. Un enjeu majeur dans ce marché très lucratif des gros-porteurs.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *