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Attentats de Paris, un an après: tous les secrets que l’enquête n’a pas encore livrés

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Qui se cache derrière les noms de guerre d’Abou Ahmad et Abou Souleymane ? Qui est le véritable cerveau des attentats de Paris et de Bruxelles, commis par la même cellule partie de Syrie ? Un an après les attaques de Paris, on en est toujours au stade des supputations.
Un élément paraît acquis. Abou Mohamed Al-Adnani, tué par une frappe américaine en août 2016, considéré comme le « ministre des attentats » et porte-parole de l’Etat islamique, était bien au sommet de la pyramide. Mais il avait sous ses ordres des hommes qui devaient connaître l’Europe.

Abdel Hamid Abaaoud a été présenté dans les semaines qui ont suivi les frappes sur Paris comme l’instigateur des attentats. Mais il est apparu que ce Belgo-Marocain de 28 ans, tué dans l’assaut d’un appartement de Saint-Denis quelques jours après les attentats, était plutôt un coordinateur opérationnel des attaques du 13 novembre.

Le fait qu’il paraissait prêt à une nouvelle action dans le quartier de la Défense à Paris qui lui aurait été fatale, combiné à sa piteuse dissimulation dans des fourrés au bord du périphérique après les attentats, n’accrédite pas la thèse d’un cerveau des attentats.

Deux hommes – connus sous leur nom de guerre – sont cités comme ayant joué un rôle important dans la planification, ou à tout le moins le pilotage des attentats. Les enquêteurs français et belges ont mis en avant « Abou Ahmad », derrière qui pourrait se cacher le Belge Oussama Atar.

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La thèse américaine

Les services de renseignement américains citent, comme cerveau présumé des attentats de Paris, « Abou Souleymane al-Faransi ».

Derrière ce nom de guerre, estime la CIA, se cacherait Abdelilah Himich, né à Rabat en 1989. Ce djihadiste franco-marocain a passé son enfance à Lunel, petite ville du Sud de la France d’où sont partis de nombreux jeunes pour la Syrie.

Il a rejoint Jabhat al-Nosra, franchise d’Al-Qaïda en Syrie, en février 2014 après avoir purgé en France cinq mois de prison, une peine infligée pour un trafic de cocaïne.

Il a ensuite rallié l’Etat islamique. Il a rapidement gravi les échelons en raison de son passé militaire.

Abdelilah Himich s’était engagé dans la légion étrangère en 2008. Il a combattu six mois dans les forces françaises en Afghanistan. Il a été décoré par la France et l’Otan mais a fait défection, avant d’être déclaré déserteur en 2010.

Les magistrats français sont bien plus réservés que la CIA sur le rôle dans les attentats de cet homme dont on a dit qu’il serait le Français le plus haut gradé au sein de l’Etat islamique.

Abou Ahmad, de Paris à Bruxelles

Le nom d’Abou Ahmad se retrouve dans les enquêtes sur les attentats de Paris comme de Bruxelles. Des messages qui lui sont adressés ont été retrouvés dans l’ordinateur des kamikazes de Zaventem, abandonné dans une poubelle de la rue Max Roos, artère de Schaerbeek d’où ils partiront pour l’aéroport. Ibrahim El Bakraoui a conversé avec cet « Abou Ahmad », nom de guerre derrière qui se pourrait se cacher Oussama Atar.

Ce Belgo-Marocain est un vétéran du djihad. Il a été incarcéré entre 2005 et 2012, dans des prisons irakiennes, dont Camp Bucca, avec ceux qui deviendront les têtes pensantes de l’Etat islamique.

Abou Ahmad a piloté en Europe deux hommes, arrêtés le 10 décembre en Autriche, qui auraient pu prendre part aux attentats du 13 novembre s’ils n’avaient été bloqués quelques semaines en Grèce où leurs faux papiers n’avaient pas convaincu. Sur photo, un de ces deux hommes a cru reconnaître Oussama Atar comme étant Abou Ahmad.

Cinq commandos du 13 novembre ?

Ces questions sur les identités des commanditaires ne sont pas les derniers mystères du 13 novembre. Et l’on en revient au fameux ordinateur de la rue Max Roos.

Il contenait un dossier crypté 13 novembre, avec cinq sous-dossiers : groupe Omar, groupe français, groupe irakien, groupe métro et groupe Schiphol.

Les trois premiers font vraisemblablement référence aux trois attaques à Paris. Mais les deux suivants ? Schiphol est le nom de l’aéroport d’Amsterdam, ville où Osama Krayem – qui renoncera à se faire exploser dans le métro à Bruxelles avec Khalid El Bakraoui le 22 mars – s’est rendu le jour des attentats de Paris.

Abdeslam aurait convoyé 10 terroristes

Salah Abdeslam aurait conduit au moins 10 combattants de l’organisation terroriste Etat islamique en Belgique, a révélé jeudi soir VTM. Parmi ces personnes, six ont été impliquées dans les attentats à Paris et quatre dans ceux de Bruxelles et Zaventem, d’après la chaîne privée flamande. Sollicité par l’agence Belga, le parquet fédéral n’a pas voulu confirmer ou infirmer ces informations. Selon l’émission « Farouk » (qui sera diffusée dimanche à 13 h 45), Salah Abdeslam a conduit personnellement 10 combattants de l’EI, avec une voiture de location, depuis la Hongrie, l’Allemagne et la Grèce vers la Belgique. Ces terroristes étaient venus de Syrie, profitant de l’afflux de réfugiés. Le rôle de Salah Abdeslam dans la préparation des attentats est dès lors beaucoup plus important que ce qu’il a laissé entendre jusqu’à présent, affirme la chaîne VTM dans un communiqué de presse. Salah Abdeslam est le seul survivant des commandos des attentats djihadistes de Paris du 13 novembre 2015. Il a été arrêté le 18 mars 2016 et refuse de coopérer avec la justice.

Almouwatin: AFP

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