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Maroc: participation limitée, suspense complet sur le vainqueur du scrutin

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Les Marocains ont voté vendredi pour élire leurs députés dans un scrutin serré et au résultat imprédictible, où les islamistes à la tête du gouvernement de coalition depuis cinq ans tentent de conserver la majorité face à leurs rivaux « modernistes ». De premiers résultats sont attendus dans la soirée, et le ministre de l’Intérieur Mohamed Hassad doit s’exprimer à minuit.

Alors que le taux de participation, traditionnellement faible, est l’un des enjeux de ce scrutin, la fréquentation des bureaux de vote est restée limitée dans l’après-midi, après la prière et la fermeture des administrations pour le week-end, pouvait-on constater dans le centre de Rabat.

A 17H00 locales (16H00 GMT), ce taux variait de 25% à 38% selon les régions, a indiqué le ministère de l’Intérieur, qui a annoncé par ailleurs la fermeture des bureaux de vote à 19H00.

Cette fermeture était effective à l’heure dite, a-t-on constaté dans plusieurs bureaux de la capitale Rabat.

Tout au long de la journée, l’Intérieur a publié des communiqués faisant état d’incidents mineurs (une urne brisée, une charrette de foin bloquant l’accès à un bureau…), d’accusations de tricherie soulevées de part et d’autre dans des bureaux isolés. Ces accusations ont pour la plupart été démenties par le ministère.

« Je n’arrête pas de recevoir des plaintes de nos candidats, mais jusque-là il n’y a rien de vraiment sérieux. Je reste serein et confiant », a déclaré au site d’info en ligne Telquel le Premier ministre islamiste et secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane.

Proportionnelle

Près de 16 millions d’électeurs ont été appelés à voter pour élire leurs 395 députés, dans 92 circonscriptions et selon un système de liste à la proportionnelle. En 2007 et 2011, l’abstention avait été très élevée (63% et 55%).

Ces législatives s’annoncent comme un face-à-face serré entre le Parti authenticité et modernité (PAM), formation libérale dirigée par Ilyas el-Omari, et les islamistes du PJD.

En l’absence de tout sondage, interdit depuis des semaines, il était très difficile de se faire une idée des tendances vendredi soir. « Personne, mais vraiment personne n’est en mesure de dire ou de prévoir (…) les résultats de ce soir », soulignait le chercheur Abdellah Tourabi, cité par le Huffington Post, voyant cependant le PJD comme « favori ».

Le PJD avait remporté une victoire historique en novembre 2011, quelques mois après une révision constitutionnelle menée par le roi pour calmer le « mouvement du 20 février », né dans le sillage du Printemps arabe.

Le PJD reste aujourd’hui la seule formation islamiste encore à la tête d’un gouvernement dans un pays de la région.

Le parti islamiste entend décrocher un deuxième mandat pour « continuer la réforme », avec toujours en arrière-plan le « référentiel » islamique, face au PAM qui se pose en « moderniste » et défenseur de la condition féminine.

Les semaines précédents le scrutin ont été marquées par un climat de défiance, avec scandale sexuel, accusations de coup bas et d’intox de part et d’autre.

Tout en se gardant bien de prendre de front le palais royal, le PJD a accusé de façon récurrente l’Intérieur, puissant ministère régalien avec un technocrate à sa tête, de partialité et d’agissements en sous-main pour favoriser la victoire du PAM.

Le ministère de l’Intérieur s’est lui engagé à organiser un scrutin « transparent », conformément aux « directives » du roi Mohammed VI.

Sur la trentaine de partis en lice, huit ont une audience véritablement nationale et peuvent espérer obtenir un groupe parlementaire, dont la Fédération de la gauche démocratique (FGD) et le parti Istiqlal, parti historique de la lutte pour l’indépendance.

PAM et PJD ont d’ores et déjà exclu toute alliance commune dans un futur gouvernement, alors que beaucoup d’observateurs pointent les possibles difficultés pour former la future majorité.

Selon la Constitution, le roi nomme le Premier ministre au sein du parti arrivé en tête des élections.

Almouwatin:Belga

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