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C’est maintenant et sans plus tarder qu’il faut ouvrir les frontières !

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Almouwatin Radio et TV organisent demain une rencontre d’une grande importance entre personnalités politiques et la société civile des deux pays voisins pendant ce mois sacré du Ramadan et autour d’un Iftar de la fraternité, afin d’ouvrir le débat sur l’avenir d’une éventuelle collaboration fructueuse basée sur la paix et le respect mutuel !!

Séparer deux pays voisins signifie séparer les deux parties d’une histoire en commun. La géographie, c’est non seulement des passerelles et des frontières, mais c’est surtout une partie constituante de l’identité humaine.
Etablir un mur entre deux pays limitrophes, très liés sociologiquement et ethnologiquement, est une manière de déformer une mémoire commune, qui remonte à des centaines d’années.
Plus de Vingt ans ont passés depuis la fermeture des frontières algéro-marocaines, à la suite d’une décision politique qui n’a pas pris en considération la particularité et la spécificité de la zone frontalière.
Jusqu’à ce jour, nous ne constatons aucunes prémices de rapprochement entre les gouvernements des deux pays, qui pourraient mener à lever l’état de séparation, imposé sur les deux peuples.
Deux pays liés par l’histoire…
L’Algérie et le Maroc sont deux points de rencontres historiques continuelles. Un attachement très profond les lie l’un à l’autre. Un attachement qu’on ne peut pas couper sur une simple décision politique.
Ali El Hammami (1902-1949) en a été témoin. Originaire de la Grande Kabylie, natif de Tiaret, Ali El Hammami s’est battu pendant des années aux côtés d’Abdelkrim El Khattabi(1882-1963) dans la guerre de libération d’El Rif.
El Hammami a toujours vécu de près des Marocains, et est mort dans un crash d’avion au Pakistan avec un autre marocain, Ben Aboud, laissant derrière lui l’un des premiers romans de la littérature maghrébine d’expression française: Idriss (1946), préfacé par Abdelkrim El Khattabi lui-même.
…et par l’art Jean Dijeux, le brillant critique littéraire, affirme qu’on ne peut pas lire la littérature algérienne post-indépendante séparément de la littérature marocaine, les deux se croisent et s’enchevêtrent.
Mohammed Dib, Driss Chraïbi, Kateb Yacine, Abdelatif Laâbi, Assia Djebar, Mohammed Kheireddine, Nabil Farès, Rachid Boudjedra, Mohammed Choukri, Abdelkabir Khatibi et bien d’autres, tous se rapprochent par leur engagement maghrébin.
La revue Souffles, fondée en 1966, témoigne de la rencontre littéraire entre l’Algérie et le Maroc. Et durant les trente dernières années, les écrivains des deux pays n’ont cessé de traduire l’œuvre de leurs homologues, de l’arabe au français et vice versa.
Dans la musique comme dans les beaux arts, dans le raï comme dans la danse, les points communs entre l’Algérie et le Maroc se multiplient et les citoyens des deux pays s’y retrouvent aisément, tout naturellement. Les frontières culturelles s’effacent et les deux peuples attendent, impatiemment, la chute du «dernier mur» qui les sépare.
Effacer l’héritage géographique colonial. Certainement, les deux pays frères vont finir par se réconcilier. Les expéditions coloniales, française et espagnole, n’ont rien fait d’autre que de renforcer, durent les deux siècles passés, les liens bilatéraux entre l’Algérie et le Maroc, et de donner la forte volonté d’effacer cet héritage géographique colonial. Bien que certains essayent constamment, avec tous les moyens, de les séparer, le Marocain restera fier de l’héroïsme de l’émir Abdelkader, tout en écoutant la poésie melhoune de l’Oranie, et reprenant les paroles des tubes de Cheb Khaled. Et l’Algérien, de son côté, n’oubliera point le rôle des patriotes marocains lors de la guerre de libération (1954-1962), en fredonnant, d’Annaba à Aïn Témouchent, les chants de Ness El Ghiwan, tout en rêvant d’une nouvelle rencontre, d’une identité algéro-marocaine unique, et non d’une identité tatouée par les conflits politiques. Vive l Algérie et vive le Maroc.

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